23/11/2009 Ministère de la Défense : plan d’action environnement pour 2010-2014
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01/10/2009 Comment créer une filière française de démantèlement des navires ? Lire la suite
25/11/2009 La Marine va démanteler ses vieilles coques
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20/11/2009 Démantèlement préoccupant d’un ancien cargo à propulsion nucléaireLa Marine va démanteler ses vieilles coques
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10/11/2009 La dernière virée de la Jeanne d'Arc Lire la suite
20/11/2009 Barack Obama relance le nucléaire civil aux Etats-Unis
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LOI
n° 2006-686 du 13 juin 2006 relative à
la transparence et à la sécurité
en matière nucléaire. Référence
: Journal officiel de la république française
n° 136 du 14 juin 2006 page 8946.
Cette loi comprend plusieurs titres, consacrés
entre autres à l’Autorité de sûreté
nucléaire, au Haut Comité pour la transparence
et l’information sur la sécurité
nucléaire, et à l’information en
matière de sûreté nucléaire
et de radioprotection.
L’Autorité de sûreté nucléaire
(ASN) : la composition de son collège (5 membres)
et son rôle (avis consultatif sur les projets
réglementaires, décisions réglementaires
à caractère technique....)
Le Haut Comité pour la transparence et l’information
sur la sécurité nucléaire : instance
d’information, de concertation et de débat
sur les risques liés aux activités nucléaires
et l’impact de ces activités sur la santé
des personnes, sur l’environnement et sur la sécurité
nucléaire.
Droit à l’information : le rôle et
le mode de fonctionnement des CLI (commissions locale
d’information) est précisé.
05/10/07 - sites & urbanisme
Démantèlement complet autorisé
de la centrale de “Chooz A”
Le groupe EDF vient d’être autorisé
à procéder au démantèlement
complet de la centrale nucléaire de “Chooz
A” dans les Ardennes. Une autorisation qui fait
suite à la récente suspension du démantèlement
de Brennilis, dans le Finistère.
Cette centrale est un réacteur à eau sous
pression qui a produit de l’électricité
entre 1967 et 1991. Sur le même site, EDF a mis
en service, il y a une dizaine d’année,
une autre centrale (“Chooz B”) qui compte
deux réacteurs d’une puissance de 1 450
mégawatts chacun.
En 1999, EDF avait été autorisé
à procéder au démantèlement
partiel du réacteur de Chooz A. Cinq ans plus
tard, la société a déposé
auprès de l’Autorité de sûreté
nucléaire (ASN) une demande d’autorisation
de mise à l’arrêt définitif
et de démantèlement complet de l’installation.
Dans son décret paru samedi, le ministère
de l’Economie vient d’autoriser le démantèlement
complet de la centrale de “Chooz A”, au
vu notamment des “résultats de l’enquête
publique”, organisée du 28 août au
29 septembre 2006.
EDF autorisé à démanteler entièrement
un réacteur de la centrale de Chooz
LILLE - EDF a été autorisé à
démanteler entièrement la centrale nucléaire
de “Chooz A” dans les Ardennes, qui ne fonctionnait
plus depuis 1991, a-t-on appris lundi auprès
du groupe.
“Chooz A”, mis en service en 1967, est un
réacteur à eau sous pression qui a cessé
toute production d’électricité le
30 octobre 1991.
EDF dispose sur le même site d’une autre
centrale (“Chooz B”) comptant deux réacteurs
d’une puissance de 1450 mégawats chacun,
mis en service en 1996 et 1997.
EDF avait été autorisé en 1999
à procéder au démantèlement
partiel du réacteur de Chooz A et à sa
transformation en lieu d’entreposage de ses propres
matériels.
Mais l’entreprise a finalement déposé
en 2004 auprès de l’Autorité de
sûreté nucléaire (ASN) une demande
d’autorisation de mise à l’arrêt
définitif et de démantèlement complet
de l’installation.
Dans son décret paru samedi, le ministère
de l’Economie l’y a autorisé, au
vu notamment des “résultats de l’enquête
publique”, organisée du 28 août au
29 septembre 2006.
Le démantèlement complet de la centrale
nucléaire de Brennilis (Finistère), le
premier à être autorisé, a été
suspendu début juin après l’annulation
du décret l’y autorisant par le Conseil
d’Etat, faute d’une procédure d’information
du public en bonne et due forme, et ne devrait pas intervenir
avant deux ans.
Sa déconstruction devait servir de test pour
valider les procédures techniques qui seront
appliquées pour la déconstruction intégrale,
d’ici 2025, de huit autres centrales mises à
l’arrêt: Bugey 1, Chinon A (1, 2 et 3),
Chooz A, Creys-Malleville -qui a également fait
l’objet d’un décret autorisant le
démantèlement total-, et Saint-Laurent
A (1 et 2).
Lundi 2 juillet 2007 Imprimer cet article ÉNERGIE
ATOMIQUE - La facture du démantèlement
des centrales belges fait du bruit Alors que le futur
gouvernement doit confirmer la sortie du nucléaire,
deux rapports contestent le coût de la mise à
la casse. Marie-Martine Buckens à Bruxelles.
L’opérateur industriel belge Synatom, filiale
d’Electrabel, a-t-il sous-évalué
le coût du démantèlement des centrales
nucléaires, dont les premières opérations
doivent débuter en 2015? C’est en tout
cas ce qu’indiquent deux rapports confidentiels
dont la teneur vient d’être publiée
par le quotidien bruxellois Le Soir. De quoi alimenter
le débat relancé tout récemment
par un rapport de la «Commission 2030» recommandant
de prolonger la vie des centrales nucléaires
au-delà de l’échéance, notamment
pour des «raisons climatiques».
LIVRE
VERT sur l’amélioration des pratiques
de démantèlement des navires
CONTRIBUTION
DE L’EUROPE A LA RESOLUTION D’UN PROBLEME
MONDIAL
Le démantèlement des navires sur fond
de mondialisation est une source de préoccupation.
L’activité est pour le moment viable d’un
strict point de vue économique, mais les coûts
sont très élevés sur les plans
de la santé humaine et de l’environnement.
Un changement radical s’impose dans les meilleurs
délais.
Entre 200 et 600 navires de mer représentant
plus de 2 000 tonnes de port en lourd (tpl) sont démantelés
chaque année dans le monde. Un pic est à
prévoir en 2010 lorsqu’environ 800 pétroliers
à simple coque vont devoir être retirés
de la circulation.
Aujourd’hui, plus de deux-tiers de ces navires
sont démantelés sur les plages et les
rives des fleuves du sous-continent indien, le Bangladesh
détenant la plus grosse part du marché.
Entre 2001 et 2003, 14 % des navires partis au déchirage
battaient pavillon d’un État membre de
l’Union européenne et 18 % celui d’un
des États qui ont adhéré à
l’Union depuis 2004.En 2006, 36 % au moins du
tonnage mondial était assuré par navires
appartenant à des armateurs domiciliés
dans l’UE.
Une centaine de navires de guerre et autres vaisseaux
d’État battant pavillon d’un État
de l’UE (essentiellement la France et le Royaume-Uni)
devraient être désarmés au cours
des 10 prochaines années. Les vaisseaux construits
entre les années soixante et le début
des années quatre-vingt contiennent des quantités
relativement importantes d’amiante et autres substances
dangereuses.
Sur les navires qui seront démolis entre 2006
et 2015, on estime à 5,5 millions de tonnes le
volume des substances potentiellement nuisibles pour
l’environnement qui finiront dans les chantiers
de déconstruction (en particulier boues d’hydrocarbures,
huiles, peintures, PVC et amiante).
Aucun des sites utilisés pour la déconstruction
des navires dans le sous-continent indien ne dispose
de systèmes de confinement pour éviter
la pollution du sol et de l’eau; rares sont ceux
qui sont dotés d’installations d’entreposage
des déchets; quant au traitement de ces déchets,
il est rarement conforme aux normes, même minimales,
de protection de l’environnement.
La déconstruction des navires est une importante
source de matières premières en Asie du
Sud. 80 à 90 % de l’acier utilisé
par le Bangladesh provient des navires en fin de vie.
Actuellement, les entreprises de démolition du
Bangladesh achètent ces navires à un prix
qui dépasse largement les 400 USD par tonne de
déplacement lège (tdl), soit beaucoup
plus cher que le prix pratiqué dans les autres
pays.
La déconstruction des navires est une activité
dangereuse. Selon un récent rapport indien, à
Alang qui est le plus grand site de déconstruction
d’Inde, un ouvrier sur six souffre d’asbestose.
Le taux d’accidents mortel y serait six fois plus
élevé que dans l’industrie minière
indienne. Au Bangladesh, quelque 200 personnes travaillant
dans le secteur de la déconstruction ont trouvé
la mort entre 1998 et 2003. Les ONG estiment le nombre
total de décès dans le secteur à
plusieurs milliers, et ce chiffre va considérablement
augmenter à mesure que seront recrutés
de nouveaux ouvriers inexpérimentés pour
faire face au pic de démolition des navires à
simple coque dans les prochaines années.
Il existe à l’heure
actuelle une capacité de recyclage «vert»
des navires, c’est-à-dire respectant
les normes de sécurité et de protection
de l’environnement, qui permet de traiter tout
au plus 2 millions de tonnes de déplacement
lège/an à l’échelle mondiale,
ce qui représente à peu près
30 % de la demande totale de déconstruction
prévue dans les années normales. La
plupart de ces installations, situées principalement
en Chine mais aussi dans certains États membres
de l’UE, connaissent des difficultés
d’exploitation car elles ont des frais bien
supérieurs à ceux de leurs concurrentes
d’Asie du Sud et ne sont pas en mesure proposer
les mêmes tarifs de déconstruction que
ces dernières. En principe, le transfert des
navires en fin de vie, des pays industrialisés
vers les pays en développement est régi
par le droit international relatif au transfert des
déchets, et l’exportation de navires
contenant des substances dangereuses en provenance
de la Communauté européenne est interdite
par le règlement communautaire sur le transfert
des déchets. Cependant, ces dernières
années, plusieurs cas très médiatisés
de navires européens envoyés au recyclage
en Asie du Sud ont mis en évidence les difficultés
d’application de cette législation.
L’opinion publique internationale s’est
émue de ces carences manifestes et de l’absence
d’une filière de démantèlement
socialement et écologiquement acceptable, et
le débat a été porté au
niveau politique. L’Organisation maritime internationale
(OMI) a commencé à travailler à
l’élaboration d’une convention
internationale sur le recyclage sûr et écologiquement
rationnel des navires. Certaines nations maritimes
telles que le Royaume-Uni élaborent des stratégies
nationales applicables aux vaisseaux d’État
et aux navires battant leur pavillon. Le Parlement
européen et les organisations non gouvernementales
ont exigé que des mesures soient prises au
niveau de l’Union européenne.
Dans ses conclusions du 20 novembre 2006, le Conseil
de l’Union européenne a reconnu que la
mise en place d’une filière écologiquement
rationnelle de démantèlement des navires
était une priorité pour l’Union
européenne. Il a indiqué que les évènements
récents et les prévisions de tonnages
à démanteler dans un proche avenir appelaient
une réponse appropriée et dans les meilleurs
délais de la part de la communauté internationale,
et notamment de l’Union européenne. Le
Conseil a accueilli favorablement la proposition de
la Commission d’envisager une stratégie
communautaire sur le démantèlement des
navires. Il conviendrait que cette stratégie
renforce le contrôle de l’application
du droit communautaire en vigueur, tout en tenant
compte de la spécificité du monde maritime
et des éléments nouveaux intervenant
dans ce cadre, en particulier de l’évolution
de la législation maritime internationale,
sans perdre de vue l’objectif final qui est
de parvenir à une solution durable sur le plan
mondial. Dans cette optique, la Commission est invitée
à analyser les besoins de création d’une
capacité suffisante de déconstruction
des navires dans l’Union européenne.
La Commission a déjà pris position à
ce sujet dans le livre vert sur la politique maritime1,
de juin 2006. Elle y déclare en effet qu’une
future politique maritime de l’Union devra soutenir
les initiatives prises à l’échelon
international en vue d’imposer des normes minimales
en matière de recyclage des navires et de promouvoir
la création d’infrastructures de recyclage
propres. Toutefois, l’Union européenne
pourrait également être amenée
à envisager une série d’initiatives
au niveau régional pour pallier les lacunes
du régime international à venir et les
retards possibles dans sa prise d’effet.
Le présent livre vert cherche à suggérer
des idées neuves sur le démantèlement
des navires, afin de poursuivre et d’intensifier
le dialogue avec les États membres et les parties
prenantes et de préparer le terrain pour de
nouvelles mesures s’inscrivant dans le cadre
des politiques communautaires, et notamment de la
future politique maritime. L’objectif principal
est d’assurer la protection de l’environnement
et de la santé humaine; il ne s’agit
pas de ramener artificiellement dans l’UE des
activités de recyclage des navires, et de priver
ainsi les pays d’Asie du Sud d’une source
de revenus essentielle. Bien au contraire, en reconnaissant
l’avantage comparatif structurel de ces pays
sur le plan des coûts, l’Union européenne
vise en définitive à faire en sorte
que les normes minimales de sécurité
et de protection de la santé et de l’environnement
soient respectées partout dans le monde.
Créée en mars 2006, selon les directives
du Président de la République et du Premier
ministre, la mission interministérielle portant
sur le démantèlement des navires civils
et militaires en fin de vie (MIDN) avait un double mandat
: d’une part contribuer à l’émergence
de réglementations contraignantes pour un démantèlement
respectueux des personnes et de l’environnement,
d’autre part d’identifier les conditions
de viabilité de filières de démantèlement
en France ou en Europe. La MIDN a réuni quelques
cadres et experts pluridisciplinaires provenant des
principaux ministères concernés par la
problématique du démantèlement
sous la présidence de Xavier de la Gorce, secrétaire
général de la mer, et de Jean-Noël
d’Acremont, ancien président des Chantiers
de l’Atlantique. La direction des travaux a été
assurée par l’ingénieur général
de l’armement Xavier Lebacq. La mission a travaillé
en relation étroite et constante avec les experts
des administrations impliquées dans les négociations
et réflexions. Ces collaborations ont grandement
contribué à faciliter et éclairer
ses travaux. L’actualité des négociations
internationales et des démantèlements
en perspective de navires français et européens
a conduit la MIDN à ne pas se cantonner à
un simple rôle d’analyse et de proposition,
mais l’a conduit à participer activement
avec les administrations responsables aux négociations
communautaires et internationales et à contribuer
à la préparation du traitement particulier
de l’ex-Clemenceau et des autres coques
militaires hors service. La MIDN s’est attachée
à clarifier le paysage technique, industriel
et économique du démantèlement
en visitant une vingtaine de sites dans le monde et
en rencontrant des dizaines d’acteurs de la chaîne
du démantèlement. Elle a coordonné
et intensifié l’action et le dialogue de
l’administration au sein des instances internationales
et européennes, saisies de la problématique
du démantèlement : l’OMI, la Convention
de Bâle, l’OIT, l’Union et la Commission
européennes. Elle s’est également
efforcée d’identifier et d’affiner
les contextes régionaux français et européen.
Un important travail d’inventaire, de compilation
de données et d’acquisition de compétences
a été effectué et il sera précieux
pour les négociations et travaux à venir.
Au terme d’une analyse détaillée
et argumentée, le rapport formule quatorze propositions.
La MIDN a mené ses travaux en parallèle
avec ceux conduits par Mme la députée
Marguerite Lamour dans le cadre d’une mission
d’information parlementaire. Des visites de chantiers
ont notamment pu être effectuées conjointement.
L’échange de données factuelles
entre les deux missions a positivement contribué
à la collecte des informations. La problématique
du démantèlement, particulièrement
complexe, suppose désormais la poursuite des
travaux engagés et une exploitation des analyses
et des propositions du rapport par les administrations
et ministères concernés. La conduite interministérielle
de ce dossier, voulue par le Premier ministre, constitue
une des clés de son bon aboutissement et devrait
être confirmée pour les étapes à
venir.
Résumé du rapport
Les analyses et propositions de ce rapport ont très
rapidement fait apparaître la dichotomie entre
la problématique des navires étatiques
et celle des navires marchands, qui représentent
plus de 95 % de la flotte mondiale. Les navires d’État
européens, principalement militaires, ont vocation,
conformément au droit international et communautaire,
à être démantelés en UE/AELE
tant que le paysage du démantèlement mondial
ne sera pas assaini en matière de protection
des hommes et de l’environnement, ce qui prendra
vraisemblablement une dizaine d’années.
Les gouvernements allemand et britannique et la direction
générale de l’environnement de la
Commission européenne étendent ce périmètre
à celui des pays de l’OCDE. Les navires
marchands sous pavillon français prêts
à être démantelés devront
l’être dans le périmètre européen.
Cette contrainte est cependant de portée limitée,
dès lors que la flotte française est parmi
les plus jeunes d’Europe. La Convention de l’OMI
relative au démantèlement des navires,
dès lors incontournable pour l’encadrement
des activités de démantèlement
des navires marchands, devrait déboucher sur
un texte qui, une fois signé et ratifié
par un nombre significatif d’États vers
2010, imposera des obligations légales tant aux
États de pavillon, de port et aux pays recycleurs
qu’aux opérateurs maritimes. Nombre d’acteurs
y voient l’amorce d’un cercle vertueux qui,
progressivement, assainira le paysage du démantèlement
aujourd’hui préoccupant où le Bangladesh
occupe la première place sans que l’on
y discerne d’amélioration des conditions
de travail et de préservation de l’environnement.
Les pays qui font le plus d’efforts d’amélioration
de leurs chantiers, comme la Chine et la Turquie, risquent
d’être de plus en plus marginalisés.
Les quelques chantiers indiens qui suivent la même
voie pourraient rencontrer les mêmes difficultés.
Un consensus devrait se développer pour des audits
et des certifications internationales afin d’évaluer
l’évolution des chantiers de démantèlement,
la qualité des passeports verts et des plans
de démantèlement qui seront les pierres
angulaires de la Convention. Des aides financières
aux chantiers, limitées aux actions de formation
et aux choix d’investissement, pourraient être
encouragées, mais les chantiers eux-mêmes
devront décider de financer leurs adaptations.
La MIDN suggère que les réflexions sur
des mesures incitatives mais aussi contraignantes soient
discutées et préparées au cas où
les seules mesures d’ordre légal de la
Convention n’auraient pas un effet aussi efficace
qu’escompté ou se heurteraient aux prérogatives
nationales des pays recycleurs. La MIDN a sur ce point
émis l’idée d’inciter les
opérateurs à provisionner le surcoût
d’un démantèlement propre et sûr,
que l’on peut chiffrer entre $ 50 et $ 150 la
tonne de déplacement lège du navire selon
le site et selon l’importance des investissements
à amortir. C’est une question difficile
et elle doit encore être approfondie avec les
acteurs économiques du démantèlement
et au sein de l’OMI. L’Union européenne
a indéniablement un rôle moteur à
jouer, non seulement pour traiter ses navires étatiques,
à peine 40 milliers de tonnes par an, mais aussi
pour que la Convention OMI soit efficace pour traiter
de façon convenable les quelque 5 à 10
millions de tonnes de navires recyclés bon an
mal an dans le monde. La MIDN a suggéré
dès septembre dernier quelques pistes d’actions
à la Commission européenne qui devrait
diffuser prochainement le livre vert sur le démantèlement.
Concernant les navires étatiques européens,
en particulier militaires, les acteurs de premier rang
sont les marines britannique et française, qui
détiennent chacune des dizaines de coques à
démanteler dans les 10 ans, dont quelques-unes
avant 2010 compte tenu de leur mauvais état.
Les coûts actuellement élevés des
métaux de récupération justifient
une mise en oeuvre rapide de ce processus qui pourrait
permettre de conduire ces opérations de démantèlement
en Europe sans intervention de fonds publics. Pour sa
part, la Marine nationale a mandaté son service
soutien de la flotte, des stratégies de démantèlement
sont en cours de définition et une ligne budgétaire
spécifique devrait être créée.
Il lui est cependant nécessaire de conserver
un potentiel de coques à utiliser comme cibles
de tir, judicieusement dépolluées avant
immersion. M I D N 11 Le démantèlement
de certains navires pourra faire l’objet d’une
vente, pour d’autres navires il s’agira
d’acheter une prestation. Il serait judicieux
que la marine pilote globalement ces opérations
y compris sur le plan financier le produit de la vente
de certains navires dont le démantèlement
est rémunérateur, voire celui de la vente
de navires sur le marché de l’occasion,
pouvant partiellement compenser sur une ligne budgétaire
(à identifier et à doter initialement
de quelques M€) les frais de démantèlement
d’autres navires. Un décret d’août
2006 prévoit que le produit d’une vente
d’un bien revient à l’administration
qui en était attributaire. La coopération
entre la marine et les Domaines pourrait faire l’objet
d’un protocole donnant la plus grande marge de
manoeuvre à la marine pour gérer ventes
et achats. Il est nécessaire de promouvoir dès
à présent un échange d’informations
et de stratégies contractuelles, voire un certain
niveau de coordination avec nos partenaires européens,
à commencer par les Britanniques. Dans la mesure
où, en Europe, les notions de filière
ne concerneront que des navires étatiques et
quelques rares navires marchands de gros tonnage, la
MIDN recommande de ne pas subventionner la création
de nouvelles infrastructures de démantèlement,
mais plutôt d’optimiser le jeu de la concurrence
entre chantiers. En effet, ceux qui existent ont globalement
la capacité d’adaptation pour traiter le
volume européen concerné dans les dix
prochaines années. Un chantier très mécanisé
d’environ 100 personnes devrait en effet être
capable de traiter plus de 80 000 tonnes par an. Cependant,
un afflux important de navires étatiques en mauvais
état, auxquels peuvent s’ajouter des navires
marchands échoués et à démanteler
rapidement, peut cependant permettre l’émergence
de nouveaux industriels en Europe. Les lois du marché
pourraient ainsi conduire de nouveaux acteurs français
et européens à investir et à présenter
le meilleur rapport qualité/prix, malgré
les handicaps de l’adaptation ou de la création
d’infrastructures et la réalisation de
dossiers attestant du respect des normes de protection
des personnes et de l’environnement. C’est
ce qui semble se dérouler en Grande-Bretagne.
Tout aussi urgente est la démarche de clarification
du traitement de tous les petits navires et engins flottants
qui, au fil des ans, et avec le durcissement des règlementions
relatives aux déchets et à l’amiante,
commencent à encombrer nos ports et rivières.
Même s’il s’agit là d’un
tonnage minime de quelques milliers de tonnes sur chacune
des façades maritimes françaises, des
actions régionales, associant les marines militaires
et civiles, sont à encourager. À défaut,
leur accumulation continuera et leur élimination
se fera au coup par coup à des prix prohibitifs.
Rappelons que tous paramètres géographiques
et économiques confondus, les prix de démantèlement
des grosses coques fluctuent entre – $ 500 et
+ $ 500 la tonne. Compte tenu des prix toujours plus
élevés des métaux, on observe actuellement
une tendance à rémunérer la vente
des navires plutôt qu’à acheter des
prestations de démantèlement, y compris
dans des chantiers européens. Le dossier du démantèlement
est loin d’être refermé et les actions
à venir sont nombreuses et déterminantes
pour l’émergence d’une Convention
OMI efficace, c’est-à-dire acceptable et
acceptée par le principaux pays démanteleurs.
Outre l’exploitation des propositions de ce rapport,
il convient d’intensifier maintenant les échanges
bilatéraux avec les principaux partenaires européens,
afin d’orienter ensemble les conclusions du livre
vert de la Commission sur le démantèlement,
attendu en mars. Un atelier européen de l’Union
européenne est envisagé au printemps par
la présidence allemande de l’UE. La négociation
de la Convention OMI va connaître une phase très
active avec les réunions du MEPC de mai et juillet
prochains à Londres. Cette négociation
doit être accompagnée de réunions
restreintes avec des pays « démanteleurs
» asiatiques, le secrétariat de l’OMI,
la présidence allemande, quelques acteurs économiques,
notamment des armateurs et les experts des administrations
françaises concernées. Le SG Mer assurera
la coordination interministérielle des instructions
de la délégation française pour
ces réunions. L’élaboration des
stratégies française et européenne
de démantèlement des grands navires étatiques,
et en particulier militaires, devrait être le
fruit d’un travail continu en équipe restreinte
entre ministères, notamment de la défense
et le SG Mer. Enfin le SG Mer devra accompagner les
réflexions régionales sur le traitement
des navires de plaisance, de pêche et surtout
des petits navires et engins flottants civils et militaires,
peu mobiles.